Ce fantastique fouillis de branches, de verts, de gris, de droites découpées et de ciel, s’est ouvert soudain. J’entends ici, dans la blessure du paysage et le murmure de l’air ce que mon désir tait. J’ai cru te voir dans une envie de temps. Le vent immobilise en fin de compte les choses. J’ai cru, l’espace d’un instant à la durée.
Te souveins-tu de tes croyances antiques; l’horizon au coeur de l’union de Maïa et de Gaïa ? Et moi qui devinais des étoiles au creux de ton nombril. Est-ce l’attente et le manque qui marque ainsi la lumière de points de suspension.
On peut croire te posséder dans une caresse. Ce fut tout du moins la volonté de ma main. Mais le dessin d’une main est-il vraiment le signe d’un espoir, d’un au-delà ? J’ai finalement la conviction que chacun de ces touchers est en soi une ponctuatin enfermant le désir dans le temps présent.
A l’inverse ta bouche, ton cou, tes mains laissent sur mon corps de curieuses empreintes. Peut-être est-ce parceque mon corps s’arrête là où commence le tien.
Et puis il y a cet étrange théâtre de nos paroles mêlées. J’ai de toutes tes intonations retenues dans ma paume. Elles aussi j’ai cru pouvoir les serrer. Et je t’ai demùandé de répéter ces paroles bues…
J’ai aujourd’hui plongé ma main dans l’eau croyant y trouver la fraîcheur. Et puis l’eau s’en est allé. C’est sur ta peau que j’irai guetter les gouttes non retenues.
Je t’embrasse et ton corps l’instant d’après est à nouveau disparu. C’est dans le jamais et le toujours recommencé que je t’étreins, avec l’incertitude de te retrouver. Née d’un vague tu es restée blottie au sein d’un peu d’écume.
Ton regard se ponctue de cils, et je pense à ton sommeil comme un mystère moins opaque.
Alors, j’essaye au gré de tes absences de laisser quelques verbes pour ébranler le temps dans ses certitudes. C’est là que les couleurs et les lignes retrouvent leur continuum, car tu n’es peut-être ici que pour briser la tranquille sérénité du monde qui s’en va.
– Je t’ai vu….