Il faudrait qu’on apprenne à vivre avec ça, chante Biolay à la radio. Moi, je désapprends de vivre. Je ne sais pas comment est ta peine, je ne suis même pas certain que tu éprouves. Je suis triste de quoi, alors ? D’un partage qui n’a pas existé ? Je pleure sur des chimères comme une phtisique des romans du XVIIIème. Je vais bientôt me tourner vers Dieu, m’enfermer dans un couvent et mourir de chagrin ? Même ma tristesse est ridicule et n’a pas de sens. Je suis enfermé dans une absurdité qui me fait souffrir et fait tomber une par une mes différentes certitudes. Je repense à ces tableaux de retour d’Italie, études, croquis, des ruines antiques de Rome, avec leur côté fantastique et plein de nostalgie. Dans mon souvenir elles sont toujours nappées de brouillard. C’est une belle idée : celle de ces artistes à la recherche de la perfection ancienne, ne trouvant que des restes et revenant le regard brouillé. Quel est mon voyage en Italie ?