Je me suis réveillé et j’avais soif. J’ai bu un grand verre d’eau. Ensuite j’ai pris une gourde que j’ai remplie, comme le conseille les nutritionnistes pour l’emmener partout avec moi. Toute la journée, consciencieusement, j’ai bu. Des gorgées. Des longues goulées. Mais la soif est restée jusqu’au soir. J’ai soif de toi. Je voudrais te boire tout entière. Boire à la source de tes lèvres.
Je t’imagine sur un canapé, juste au bord. Ou sur un fauteuil large dont tu ne prends qu’une petite place comme pour t’excuser d’être là. Tu as les jambes en tailleur, loin du sol et le dos bien droit. Ce dos si musclé. Et tes peurs sont là. Tu essayes de les chasser mais elles sont là. Je voudrais poser ma main chaude sur ton épaule pour t’aider à les faire fuir.
J’aimerais être ton encre sympathique. Parfois dans une de tes journées, tu arroserais le monde de quelques gouttes de citron pressé ou de ton haleine chaude et mon visage apparaîtrait.
Dans les films des années 50 avec leur belle absence de couleur, il y a des hommes et des femmes, bien habillés, élégants. Ils ont des activités sérieuses, graves. Ils doivent tuer ou risquent de l’être, ils construisent des ponts, se battent. Mais, et c’est ce qui m’a toujours étonné, ces grandes personnes prennent l’amour au sérieux. Ils s’aiment toujours comme si leur vie en dépendait, comme s’il n’y avait rien d’autre.
Peut être que tu ne me lis pas. Peut être que tu fais tout pour m’oublier et ne pas te laisser chahuter. Peut être que mes mots ne servent à rien. Mais j’ai l’impression de poser ma main sur ta joue quand je les écris.
Elle est retrouvée. Quoi ? L’éternité. C’est la mer allée avec le soleil. Je cours après le soleil qui est en train de se perdre sur les petites vaguelettes qui ondulent.
Parfois je rêve que je suis un chevalier et que je viens t’enlever. Là, tu me regardes et tu me dis : « Arrête ton char Ben Hur ! »