Le short blanc

Une petite route sous les arbres ; deux enfants au loin.

Il frotte autant qu’il peut. Je dis il, car, je, ne peux pas être là-dedans. C’est la honte qui fait ça. Donc on va faire semblant.

Il est caché par un tronc d’arbre, en surplomb du rocher qui donne sur la plage. Il frotte. Il se dit que le temps est trop court, qu’ils vont arriver. Il n’y a pas de vent. Pas d’air donc. Ça ne peut pas sécher. Il pourrait se mouiller en entier, mais la mer est basse. À un moment ou à un autre, il va devoir se montrer. Il cherche une solution, ne trouve pas.

Il prend de la terre dans sa main. De la terre bien noire, bien grasse. Et, il frotte, ce con. Parce qu’il se dit que ça va enlever la tache jaune sur son short. Son entrejambe. Que ça va sucer l’humidité de la pisse ! Maintenant il essaye d’enlever la terre. Mais ça l’étale. Résultat, il a une grande tache noire maintenant.